La nécessaire évolution du nouveau DPE

DPE

La FIDI et l’UNIS demandent au Gouvernement une amélioration rapide du nouveau DPE

Après avoir  dénoncé, dès le mois de mai dernier, les risques inhérents à la publication au 1er juillet d’une version du nouveau DPE insuffisamment testée, la FIDI et L’UNIS souhaitent travailler avec les pouvoirs publics pour améliorer au plus vite le dispositif.  A l’occasion d’une rencontre avec la DHUP le jeudi 16 septembre, la FIDI se félicite d’avoir été entendue sur les difficultés de mise en place du nouveau DPE et reste raisonnablement optimiste sur la prise en compte de ses propositions d’améliorations d’ici à quelques semaines.

L’Union des Syndicats de l’Immobilier (UNIS), et la Fédération Interprofessionnelle du Diagnostic Immobilier (FIDI), entendent cumuler leurs compétences et leurs forces pour décrypter « LE NOUVEAU DPE », fiabilisé, opposable et visant à l’éradication des passoires énergétiques et à la limitation des émissions de Gaz à Effet de Serre (GES).

La version actuellement en vigueur (DPE version v.3) a révélé ses limites :

En effet, forts des nombreuses remontées de leurs adhérents depuis le 1er juillet dernier, la FIDI et l’UNIS ont dressé un constat identique d’insatisfaction. La FIDI a pu dénombrer et expliquer concrètement les éléments conduisant aux écarts très importants des résultats du DPE V3 par rapport à la réalité terrain et à la V2 du DPE. Ces éléments ont fait l’objet d’un échange récent avec la Direction de l’Habitat, de l’urbanisme et des Paysages, ministère de la Transition écologique et solidaire (DHUP).

Une première analyse retient deux causes probables :

  • Le calcul du coût des consommations, par tranches, ne correspond pas à la réalité. En électricité, pour un nombre de kWh donné, l’erreur est de plus de 30 % par rapport au coût réel du kWh !
  • Certains paramètres du moteur de calcul liés aux habitudes de vie des occupants ont été fortement modifiés par rapport à la version précédente. Ils ne correspondent peut-être pas à la réalité du terrain. Ces nouveaux paramètres dégradent substantiellement l’estimation des consommations mais aussi la note du DPE.

En outre, des thermiciens ont relevé des problèmes concrets, qui dégradent significativement la note (pour rappel, de A à G, G étant la plus défavorable) :

  • En plus des changements sur la ventilation par ouverture de fenêtre, il semble qu’il y ait un problème sur le calcul des débits d’infiltration qui donne des déperditions quasi 10 fois plus importantes que la version précédente.
  • Le calcul des consommations des auxiliaires de bouclage pour un appartement en immeuble collectif semble incohérent (les pompes consomment quasi autant que le total ECS !).
  • En faisant un comparatif entre la V2 et la V3 avec les mêmes déperditions (enveloppe identique), on obtient beaucoup plus de consommation.

Un autre point a été soulevé, qui ne joue pas sur la note :

  • Estimation du confort d’été : si la fenêtre des toilettes ne comporte pas de volet, l’estimation est dégradée quels que soient les autres paramètres.

Si les pouvoirs publics ne souhaitent pas revenir sur certains choix, il est impératif qu’ils expliquent clairement aux professionnels de l’immobilier les paramètres retenus et les raisons de leurs choix.

D’autres difficultés ont aussi été soulevées pendant cet échange et continuent d’être discutées lors des groupes de travail hebdomadaires auxquels la FIDI participe depuis près de deux années, et de façon intensive depuis début mai 2021.

Les constats des diagnostiqueurs rejoignent ceux des professionnels de l’Unis qui soulignent ainsi :

  • L’incompréhension des clients qui voient leur bien déclassé sans avoir saisi en quoi leur bien immobilier nuit aux objectifs d’économie d’énergie et de réduction des GES ;
  • Les difficultés d’accès aux locaux techniques de l’immeuble dans le temps imparti ;
  • La difficulté de disposer des références techniques des isolants utilisés il y a plus de 10 ans ;
  • La classement comme chaudière « fuel » des chaudières « gaz » dont les caractéristiques (type, puissance etc.) n’ont pas été indiquées, entrainant automatiquement un déclassement pénalisant.
  • Des écarts entre les ratios de surfaces habitables des appartements et les tantièmes de copropriété ;
  • L’allongement des délais de commercialisation (mise en location) en attente des DPE.

Pour E.R.I. DIAGNOSTICS même constat…

Apres avoir réalisé pas loin de 50 DPE depuis le 1er Juillet 2021, le constat est alarmant avec des incohérences inédites dont voici quelques exemples :

  • un appartement construit en 2019 classé en « C »
  • une maison d’avant 1949 certes sans isolation mais dont les factures de gaz sont estimées à presque 4000€ pour un logement de 110m² avec une chaudière à condensation récente…
  • une maison toute neuve qui passe de la lettre « A » à la lettre « C » dés lors que l’on ajoute le poste climatisation car son mode de chauffage était un gainable réversible.
  • Je suis également d’accord avec le comparatif entre la V2 et la V3 du logiciel pour avoir fait l’exercice sur ma propre maison que je connais parfaitement et qui passe de « A » à « B » sans changer les critères.
  • des syndics de copropriétés qui ne donnent presque jamais d’information concernant l’enveloppe du bâtiment ou même les caractéristiques techniques de la chaudière faisant perdre en moyenne une lettre sur le classement.
  • Pour finir, un temps passé sur place deux fois plus élevé pour les logements avant 1949 et 1,5fois plus élevé pour les autres logements.

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