Le mérule comment est-ce couvert par les assurances habitation ?

Merule ERI diagnostics

Le mérule : présentation

Le mérule, ou serpula lacrymans, est un champignon. Aussi appelé “pourriture brune”, il est originaire des conifères des forêts boréales. Lorsque ces arbres furent exploités et transformés en bois de construction, les spores présentes dans le bois furent également transportées à travers les frontières.

Les chercheurs ont ainsi pu démontrer que le mérule avait évolué pour s’adapter aux environnements créés par l’homme. Ce champignon n’existe quasiment plus à l’état naturel sous sa forme initiale. L’analyse du génome de ce champignon a prouvé que ce champignon était devenu interdépendant de l’homme. C’est pourquoi nous ne le trouvons quasiment plus que dans nos foyers !

Le mérule se nourrit des matériaux présents dans la maison. Sa première source de nutriment est la cellulose du bois. Toutefois, il a été démontré que ce champignon a également besoin de calcium et de fer pour se développer. Ainsi, il s’attaquera également aux plâtres, briques et métaux afin de récupérer les nutriments nécessaires à son développement. Ce champignon apparait souvent dans des endroits sombres, avec une préférence pour les bois dont l’humidité est de 30 à 40%.

Comment déceler la présence du mérule

Le problème du mérule, c’est qu’il peut rester en sommeil pendant plusieurs décennies. De plus, il est souvent caché et invisible ; par exemple, derrière les plaques de plâtres, derrière des lambris, dans des vides sanitaires. Ainsi, il est très difficile de se rendre compte de sa présence sans démolir.

Le mérule est un excellent colonisateur. Celui-ci possède un système de transport très efficace via un réseau de rhizomorphes, sorte de micro-racine. Aussi, dès qu’il apparait dans la maison, il est capable de coloniser très vite l’ensemble des bois environnants. C’est pourquoi il est essentiel d’agir rapidement, dès lors que vous avez connaissance de sa présence.

Malheureusement, il n’existe pas de solution miracle pour le déceler avant qu’il ne colonise votre maison. La seule solution est de réaliser des prélèvements de matériaux, puis de le faire analyser en laboratoire pour vérifier qu’ils ne contiennent pas de spores. Aussi, cette expertise est longue, couteuse et pas toujours efficace.

Le mérule : dégâts

Le mérule est considéré comme le destructeur le plus dommageable pour les matériaux de la maison. On estime que les dégâts annuels en Europe sont d’environ 350 millions d’euros par an.

Ce champignon est capable de survivre dans tous les matériaux. Ainsi, ses spores peuvent rester en sommeil, pendant plusieurs décennies, puis se transformer lorsque le moment est opportun.

  • Le mérule s’attaque à toutes les essences de bois, aux plâtres, briques, mortiers, pierre et métaux ferreux.
  • Le mérule affectionne particulièrement les endroits faiblement éclairés, et humides.

Les dégâts que provoque la mérule engendrent bien souvent des réparations très onéreuses et peut contraindre les propriétaires victimes à s’endetter ou à perdre leur habitation. Malgré cela, la plupart des compagnies d’assurance refusent de prendre en charge le risque lié aux mérules dans le cadre des contrats d’assurance multirisques habitation. Et, même s’il est conscient des difficultés auxquelles sont confrontés les locataires et propriétaires, le ministère de l’Économie précise, dans une réponse récente à plusieurs questions écrites de parlementaires, que le « gouvernement ne peut imposer aux assureurs de couvrir les dommages causés par ce champignon ».

La réponse du ministère de l’Économie

Le Gouvernement a pleinement conscience des attentes des locataires et propriétaires de biens, qui s’interrogent légitimement sur la prise en charge du risque lié aux mérules par les assureurs, dans un contexte d’urbanisation croissante. S’agissant des désordres imputables à un champignon tel que la mérule, la responsabilité décennale du constructeur peut être engagée par un propriétaire d’une maison individuelle, si ces désordres affectent la solidité de l’ouvrage, ou le rendent impropre à sa destination et que les travaux de construction constituent le fait générateur de ces désordres. Les locataires, copropriétaires, syndicats de copropriétaires et propriétaires-bailleurs sont tenus de souscrire à une assurance habitation, et sont couverts notamment contre les risques incendie, grêle, catastrophes naturelles, mais les assureurs refusent de prendre en charge le risque lié aux mérules dans le cadre des contrats d’assurance multirisques habitation. Les assureurs considèrent en effet que ce risque résulte d’un défaut d’entretien du logement. La pratique commerciale des entreprises d’assurance est libre depuis le 1er décembre 1986, et les directives communautaires ont posé la liberté contractuelle comme l’un des principes de base de la réglementation européenne sur l’assurance. Aussi, le Gouvernement ne peut imposer aux assureurs de couvrir les dommages causés par ce champignon, même s’il est conscient des difficultés auxquelles sont confrontés les locataires et propriétaires de biens concernés.

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